Thursday, October 27, 2011

Expo Force Noire : Lemi Ghariokwu, Pierre Terrason


Exposition Force Noire. « La musique est l'arme du Futur » - Fela Kuti, du 3 janvier 2012 au 4 février 2012, galerie 59 RIVOLI , Paris

Force Noire est une exposition en hommage au roi de l’afro-beat Fela Kuti. Fela est une Force Noire, une Force de la Nature, l’icône de la contre culture aFricaine.

En 1974 à Lagos au Nigeria Lemi Ghariokwu rencontre le grand musicien Fela, s’établit dès lors un lien quasi mystique suivi d’une riche collaboration artistique. L’univers de Lemi aura fortement contribué à l’iconographie du mouvement musical Afrobeat. Proche de la vie personnelle et professionnelle de Fela, il assiste son évolution musicale au sommet de sa gloire. Lemi a fortement contribué l’iconographie du mouvement musical Afro beat. Il conçoit pour Fela vingt-six de ses pochettes d’albums illustrant parfaitement son expression musicale devient témoin d’une contestation sociale qui allait faire date, en diffusant travers le prisme de illustration le message populaire et unificateur de Fela.

L’exposition parisienne FORCE NOIRE présentera pour la première fois en France sous un angle éclectique le parcours de Lemi Ghariokwu, allant de ses débuts d’illustrateur de pochettes de disque et de son travail pour la presse au Nigéria, jusqu’à ses travaux récents de « Digital AfroPopArt ». Cet événement consacrera le talent de l’artiste de l’AfroPopArt en explorant les nombreux aspects de son travail visionnaire. Des dessins aux formes vibrantes et aux couleurs vives incrustées d’assemblage de textes satiriques, où mots et slogans sont inscrits comme des « tags ». Son Tmuvre inspiré du quotidien de la rue, des news et des medias, comporte également des photomontages au fort impact visuel. « Mon inspiration me vient de l’intérieur et de la connaissance de ce qui se passe dans mon environnement immédiat, de la société en général et de tout l’univers et de ses vibrations. Le mouvement quotidien des gens, l’interaction des émotions, le contre-courant des idées. »

Roi de la pochette de disque et maître de la caricature, Lemi peint sa propre vision de la négritude, une célébration de « Héros Noirs ». Son réalisme pictural s’exprime à travers une forme narrative ironique, musicale, urbaine et érotique. Quand Lemi quitte l’Afrique pour lapremière fois en 2003, c’est lors d’un voyage à New York aux Etats Unis où il se retrouve propulsé au-devant de la scène lors de l’exposition collective en hommage à Fela : Black President: The Art and Legacy of Fela Anikulapo Kuti. Il vit un temps à NYC et réalise ainsi une fresque murale pour la ville : Everybody’s Gotta Be Somebody, décrivant sa vision du rêve américain. Dans cette Tmuvre, le tag « Somebody wants a nigga as a president » s’inscrit come une prophétie. On ne peut s’empêcher de considérer cette inscription comme un message visionnaire faisant allusion à la provocation de Fela « Black President » et de faire le rapprochement avec l’élection historique du premier président noir de l’histoire des Etats-Unis, Barak Obama. Lemi dessine des « vanités » pour la marque de fringues Stussy (Etats-Unis) qui lui confie, à l’occasion de leur 25 anniversaire, la réalisation d’une collection de Tee-Shirts. Digital AfroPopArt est le nom par lequel Lemi définit ses travaux récents. Ces Tmuvres numériques à la forte empreinte publicitaire veulent amener une réflexion sur l’art actuel et la pertinence d’un message « politique » dans un contexte contemporain en Afrique et dans le monde. Se décrivant « panafricaniste intéressé par toute sorte de progrès qui soit pertinent pour le soi-disant Homme Noir », Lemi a donc centré son Tmuvre sur la célébration des héros noirs de l’Histoire (Barak Obama, Michael Jackson, Fela Kuti, Femi Kuti), qu’il portraiture dans un état contemplatif empreint de symbolisme. L’art de Lemi, annonciateur d’un art africain contemporain, se veut un des vecteurs d’une pensée panafricaine, volontairement explicite et fédératrice d’une pensée humaine universelle.

A cette occasion, deux photographes exposeront leurs clichés documentant l’effervescence de l’univers de Fela Kuti. Pierre Terrasson présentera son témoignage visuel. Pierre Terrasson a passé cette décennie à prendre des photos « par curiosité, un âge d’or, celui des années 80, où être photographe ne s’improvisait pas. », s’est embarqué par pure passion dans l’univers excentrique du hard-rock, du rock et du punk. Pierre a rencontré le roi de l’Afro-Beat lors de son premier passage à Paris. Il a eu le privilège de le photographier lors de ses concerts et de festivals en France avec ses danseuses affichant fièrement leurs maquillages Yoruba et parures aux perles flamboyantes. Ces photos sont inédites et n’ont jamais fait l’objet d’une exposition. Fela Anikulapo-Kuti (1938-1997) était un musicien révolutionnaire, Chef d’orchestre charismatique et leader controversé, dont la célébrité atteignit des niveaux à peine imaginables dans son pays natal, le Nigeria. Fela invente dans les années soixante dix un nouveau genre musical, l’Afrobeat, une fusion de jazz, d’innovations funk de pur style James Brown, avec les musiques traditionnelles Yoruba, Highlife (Nigéria et Ghana), Tony Allen en fut l’architecte. Son exceptionnelle ouverture d’esprit le conduit à expérimenter une musique qui puisait sa force dans une vision universelle. Il rencontrera de prestigieux musiciens tel le grand xylophoniste Roy Ayers , le trompettiste du Art Ensemble Of Chicago Lester Bowie, ou le génial batteur des Cream Ginger Baker avec lesquels il jouera e enregistrera un rock africain et psychédélique. Au cours des années soixante-dix il fonde son propre territoire au Nigeria à Lagos, la République de Kalakuta (« vaurien » en Swahili) comprenait un studio d’enregistrement, un lieu de concert (le Shrine) et une commune. En 1974 et en 1977, Kalakuta est pris d’assaut par un millier de soldats qui pillent, violent et incendient la communauté. Lors de cette dernière agression, sa mère Fummilayo Ramson Kuti, militante des droits de l’homme et féministe, est mortellement blessée et Fela envoyé en prison. En 1978 lors d’une grande cérémonie en hommage à sa mère, Fela « Ramson » Kuti change son nom « Anikulapo » « celui qui porte la mort dans sa poche », se convertit au culte Yoruba et épouse ses 27 danseuses. Il En 1979, il forme son parti politique « Movement of the People » et s’autoproclame « Black President ». Durant une décennie il se propose à la présidence du Nigeria en défiant un gouvernement corrompu et oppressif qui ne prendra jamais en compte sa candidature.

A Lagos, un nouveau Shrine a ouvert ses portes sous la direction de son premier fils Femi Kuti. Femi et Seun Kuti marchent sur les traces musicales de leur père, assurant la postérité de son message musicale l’ Afrobeat. En 2009, sur l’initiative du label new-yorkais Knitting Factory et des sommités Jay Z et Will Smith, Fela le héros de le contre culture africaine est ressuscité en super star à Broadway avec la comédie musicale FELA ! Mis en scène par le chorégraphe Bill T. Jones et affichant à son casting notamment Patti Labelle. Dix fois primés aux « Awards » en 2010 le show affiche complet pendant un an. En 2011 le spectacle continue de tourner dans le monde (Angleterre, Nigeria, Pays-Bas...) et une tournée américaine dans plus de 200 villes pour 2012.

La vie de Fela est exceptionnelle. Il représente ce symbole de Force de la nature, cette Force Noire. Leader en lutte contre la tyrannie et l’injustice, il consacrera sa vie pour la liberté d’expression et la dignité humaine. Icone moderne de la contre culture africaine, sa forte personnalité, son audace et son énergie justifieront la puissance de son originalité musicale. Son charisme et sa créativité l’ont conduit au succès international. A sa mort, plus d’un million de personnes assisteront à son enterrement.

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